
Le ravissement de la langue : la question du poète, L’Harmattan, 2008
Le poète est le témoin ravi ou parfois captif d’un langage qui s’ouvre à la béance du signe. La poésie se joue du sens et a ceci de commun avec l’inconscient qu’elle se tient dans une littéralité qui excède toute notion d’un savoir déjà constitué. D’un Réel intraduisible, le poète se fait le messager, comme un fil tendu entre deux rives : entre le visible et l’invisible, l’instant et l’éternité, l’unité et la diversité. Le vertige de cette dualité qu’aucune résolution ne vient temporiser porte le langage aux limites de la représentation. Dans l’assourdissant silence de la signification, le poème se rêve autre : musique, peinture, idéogramme et semble vouloir s’abolir en son contraire. L’espace du poème est donc celui d’une altérité irréductible qui porte comme une déchirure la marque de sa propre division. C’est cette dimension toujours singulière de la parole poétique qui est ici abordée à travers l’oeuvre de V. Segalen, H. Michaux, F. Hölderlin, R. M. Rilke, E. Jabès, E. Dickinson et S. Plath.

Singularités poétiques, L’Harmattan, 2022
En interrogeant notre rapport au monde sur le mode de l’exil, du mystère de l’être et de l’incomplétude, la poésie tente de capter cette épiphanie de l’être qui nous ouvre aux vertiges de la présence comme une fulgurance. La création nous permet alors de trouver refuge dans l’imaginaire de la langue que chaque poète fait résonner à sa manière et dont nous tentons ici de faire écho à travers ce recueil d’articles ou de notes de lecture parcourant différentes époques et styles pour écrire le poème bariolé du monde.
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